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Les fonds durables : le grand enfumage

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©Crédit Photographie : Montage Bon Pote | Valentine Michel
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“Fonds durables”, “fonds verts”, “fonds éthiques”. Telles sont les promesses de ces gestionnaires d’actifs qui annoncent rendre la finance plus durable, et parfois même, un meilleur rendement que la moyenne. 

Une première étape consiste à ouvrir le capot de ces fonds durables et se rendre compte qu’ils sont gorgés de titres financiers du secteur des énergies fossiles, loin d’être aussi durables et verts que les vendeurs le prétendent. Mais bien que nécessaire pour alerter le grand public, cela ne suffit pas à expliquer pourquoi ces fonds ne sont pas “durables”.

Dans un travail inédit, nous montrons que le marché des fonds “durables” n’est rien d’autre qu’un grand enfumage. Ainsi, et c’est le point clef de notre analyse, le greenwashing n’est pas seulement au niveau des fonds : c’est un greenwashing systémique, car c’est le système financier global qui devrait être remis en cause. Ce n’est donc pas une question de label, de couleur verte ou bleue, mais bien un système qui est structurellement insoutenable. 

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L’équation est simple : on ne peut pas tout avoir. Exiger à la fois la maximisation du rendement, un impact sur l’économie réelle et éviter la culpabilité est un triptyque structurellement impossible. Si vous voulez vraiment être “durable” ou “vert”, il va falloir faire l’impasse sur l’optimisation du rendement. Pour le dire autrement : on ne peut pas avoir le beurre, l’argent du beurre et se donner bonne conscience. 

Les objectifs de cet article sont donc multiples. 

Vous pourrez identifier ce qui définit (ou pas !) les termes “durables”, “verts”, les critères ESG (Environnementaux, Sociaux et de Gouvernance), etc. Après lecture, vous ne serez plus surpris de trouver que la Coca-Cola Company obtient la meilleure notation AAA chez MSCI, le leader de la notation ESG, ou encore de retrouver TotalEnergies dans un fonds durable.

Vous ne serez pas non plus surpris d’apprendre que des gestionnaires d’actifs de finance durable font du lobbying pour soutenir l’industrie de l’armement. Des drones verts et durables en perspectives, qui pourront profiter de dizaines de milliards de financements de particuliers et d’investisseurs institutionnels qui cherchent à avoir “un impact durable” sur le monde.

Vous comprendrez qu’investir dans un fonds durable sur le marché secondaire n’a absolument pas l’impact recherché puisque cela n’a aucune incidence sur la politique ou le niveau d’investissements des entreprises dont les fonds achètent les titres. Même cas de figure sur le marché primaire où le simple fléchage d’une obligation verte vers l’investissement productif vert ne suffit pas à créer un impact sur l’économie réelle. Cela fait tomber à l’eau le marketing d’une très grande majorité des acteurs, des plus grands gestionnaires d’actifs au monde aux acteurs pensant tirer leur épingle du jeu d’un finance verte qui n’a de verte que le nom.

C’est toute la difficulté de l’exercice. Avant de proposer des solutions techniques, il faut bien comprendre le problème. Cela demande du temps, et c’est autrement plus compliqué que de balancer des slogans marketing sur Linkedin. 

L’enfer est peut-être pavé de bonnes intentions, mais compte tenu de l’urgence climatique, nous n’avons pas le luxe de faire la même chose une décennie de plus et d’attendre un résultat différent. C’est tout l’objectif de notre analyse : aller à la racine du problème pour changer le système.

Un chemin en 13 points clés : 

1 – Les fonds durables : une définition floue pour une promesse ambitieuse

La finance durable manque de définitions claires et consensuelles. La Banque de France en propose une vision assez générale fondée sur l’intérêt collectif à long terme, une notion en réalité très subjective. Le point clé, c’est que l’objectif n’est pas de rendre l’ensemble de la finance durable mais de faire une proposition commerciale aux clients intéressés. L’offre de fonds durable est large, confuse, hétérogène voire contradictoire. Pourtant les attentes réelles des épargnants apparaissent souvent en décalage avec cette offre.

2 – Les bases de la gestion d’actifs

Entre gestion active et passive, la gestion d’actifs vise à maximiser le rendement ajusté du risque à travers des paris d’allocation. Horizon, univers investissable, benchmark et diversification structurent la performance.

3 – L’éléphant dans la pièce : le vrai coût de la durabilité

Pour une usine, c’est plus rentable économiquement de rejeter ses polluants directement dans la rivière plutôt que de payer un dispositif de traitement spécifique. C’est le cas général : produire durable a un surcoût, reconnu par les dirigeants, les entrepreneurs et les consommateurs. Qui devrait le payer ? Quelle répartition entre consommateurs, contribuables ou apporteurs de capitaux ? 

4 – La responsabilité fiduciaire : une ligne rouge de la finance durable

La responsabilité fiduciaire impose de servir d’abord l’intérêt financier de l’investisseur. Toute ambition sociale ou environnementale reste subordonnée à la performance. Cette contrainte essentielle vide la finance durable de sa portée transformative. Les acteurs durables eux-mêmes le reconnaissent. Sortir de ce cadre pour un fonds, c’est sacrifier son développement commercial.

5 – Le mythe du long terme financier

Malgré son discours, la finance durable n’allonge pas l’horizon d’investissement. Évaluations fréquentes, rotation rapide des portefeuilles et logique de rentabilité à court terme dominent toujours. Les fonds durables ne font pas mentir Keynes : à long terme nous sommes tous morts.

6 – Une sélection contraignante rend les portefeuilles sous-optimaux

En restreignant l’univers investissable via des filtres basés sur des critères extra-financiers (notamment ESG), les fonds durables sacrifieraient mécaniquement l’efficience des portefeuilles. La théorie financière est claire. D’où des solutions très cosmétiques, loin de l’impact revendiqué.

7 – L’impact : une revendication bidon

Confondre placement financier et investissement physique brouille le débat. Les fonds durables opèrent surtout sur les marchés secondaires, leurs flux sont sans effet spécifique sur les décisions des entreprises. Hors finance solidaire – qui assume une concession de rendement – l’impact, s’il est revendiqué, n’existe pas.

8 – L’engagement actionnarial : une arme sans effet
Acheter pour influencer. Présenté comme l’alternative à la vente, au désinvestissement… l’engagement actionnarial se heurte encore et toujours à la responsabilité fiduciaire des fonds. Votes non contraignants, résolutions marginales, conflits d’intérêts : en pratique, l’influence des investisseurs responsables sur la stratégie des entreprises reste illusoire.

9 – Exclusions, labels : une éthique à géométrie variable
Les labels sont soumis à une injonction contradictoire : plus leur cahier des charges est exigeant sur la sélection des investissements, plus les fonds labellisés risquent de sous-performer, moins ils sont vendables (et inversement). Les exclusions simples risquent d’engendrer un coût d’opportunité sauf si elles concernent des secteurs ou des entreprises anecdotiques. Le débat sur l’armement illustre de manière presque caricaturale la plasticité de la finance durable dont certains acteurs revoient avec opportunisme leur position sur ce secteur.

10 – L’ESG sans douleur : l’art du tra-verdissement financier
Pour rester populaires, une majorité de fonds durables pratique une “intégration ESG” sans contrainte réelle. Les notations utilisées mesurent les risques financiers pour l’entreprise et non ses impacts sur la société et l’environnement. À ce jeu-là, la Coca-Cola Company obtient la meilleure notation AAA chez MSCI, le leader de la notation ESG, malgré ses impacts négatifs majeurs sur le reste du monde. Résultat : on peut proposer aux clients des portefeuilles étiquetés responsables mais fidèles à la boussole traditionnelle du risque-rendement.

11 – Les fonds d’obligations vertes : un exemple de vertu sans coût et sans impact
Les obligations vertes ne modifient ni le coût du capital ni les décisions d’investissement des émetteurs car seul le risque crédit est “pricé” par le marché. Le fléchage des projets relève donc davantage de la communication que de l’incitation. Puisque tout le passif d’une entreprise finance tout son actif, les fonds d’obligations vertes (et la majorité des fonds climat) offrent un bénéfice d’alignement aux épargnants sans impact spécifique sur la transition…

12 – Le château de cartes réglementaire s’effondre avant d’être achevé
La finance durable européenne repose sur la croyance que plus d’information conduira à l’orientation des capitaux voulue mais informer, ce n’est pas transformer. Taxonomie, CSRD et SFDR forment une usine à gaz inefficace, vidée aujourd’hui par les compromis et les reculs politiques. Le règlement SFDR sur les fonds durables s’aligne sur les pratiques au lieu de les transformer.

13 – La folie, c’est de faire la même chose et de s’attendre à un résultat différent
Les fonds durables promeuvent un faux choix. Pour conserver les clients, les apporteurs de capitaux, on ne leur demande pas d’assumer le coût de la durabilité. Marketing, soutien institutionnel et langage creux masquent un échec systémique. La transition vers la durabilité doit reposer sur une action publique déterminée, pas sur la souscription volontaire des petits épargnants.


Notre premier volet “Changer de banque pour sortir des énergies fossiles ?” est disponible en cliquant ici.

 

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18 Responses

  1. Je n’ai pas encore lu le document, mais je viens de l’imprimer pour le lire rapidement et juste la prochaine fois éviter la première page toute noire, j’ai mal à ma cartouche d’encre 😀

  2. Merci pour votre travail !

    La question qui me vient à l’esprit suite à la lecture de cet article : est-il possible de placer son argent dans le but d’au moins le préserver de l’inflation, sans que cela soit délétère d’un point de vue social et environnemental ?

  3. Merci pour ce partage qui ne me surprend absolument pas. J’ai été conseillé en placements financiers durant 17 ans et je me souviens des premiers fonds “éthiques” (je ne sais plus exactement quel était le nom). Quand j’ai vu la composition, j’ai compris … on prend les moins mauvais dans la Pharma, la finance, etc. Que des multinationales qui il y a 20 ans faisaient probablement encore moins attention que maintenant (ça reste à prouver).
    Pourquoi est-ce compliqué à faire: c’est que la majorité des entreprises qui mériteraient d’apparaitre dans ce genre de fonds commun de placements sont assez petites, avec des capitalisations trop petites par rapport aux quantités d’argent qui pourraient aller dans leur direction. Je me souviens d’une société appelée “Waste Management” précurseur dans son domaine. Tout le monde la voulait dans son fonds et le cours de l’action était devenu exorbitant, sans aucun rapport avec la réalité.
    Enormément d’investisseurs aimeraient que leur argent soient investis d’une manière qui a du sens mais peu nombreuses sont les offres: Keenest, goodvest, etc.
    Mais pour qqn qui ne connait pas grand chose à la finance, ce n’est pas si simple de choisir. L’intérêt du fonds communs de placements est la diversification et qu’il y ait un suivi pour arbitrer si nécessaire et là, les solutions, je les attends. Si vous avez des idées, je suis preneur.

  4. Il est intéressant de dénoncer les dérives des établissements qui prétendent que l’argent investi dans des fonds verts peut être quantifié en termes d’économie d’émissions de GES, ce qui est faux.

    Mais surtout, continuons à investir dans les fonds verts ! C’est un rouage essentiel de la transition écologique, certes bien sur moins impactant que celui de la responsabilité de nos Etats, mais c’est un signal fort émis sur le marché financier pour aiguiller les investissements vers des fonds verts.

    Il ne s’agit pas d’une démarche conséquentialiste ( = ma somme d’argent investie a directement permis de réduire les GES émis) mais déontologique ( = plus un maximum d’individus investissent dans des fonds verts, plus les actifs verts fleurissent).

    En effet, si une majorité d’investisseurs oriente son épargne vers des actifs verts, la demande pour ces actifs augmente, ce qui fait monter leur prix.Cette hausse de prix rend les entreprises durables plus attractives pour lever des fonds à l’avenir (via émissions d’actions ou d’obligations), réduisant leur coût du capital.
    À l’inverse, les entreprises polluantes voient leur coût du capital augmenter, ce qui peut freiner leurs investissements dans des activités polluantes.

    En outre, une entreprise qui voit ses coûts de financement augmenter pour ses activités fossiles aura un intérêt économique à se diversifier vers des activités plus durables.
    Cela peut aussi influencer la stratégie des entreprises, notamment sous la pression des investisseurs activistes et des critères ESG.

    Bref, en orientant massivement l’épargne vers des fonds durables, on crée un cercle vertueux : plus de capitaux disponibles pour les projets verts, plus d’innovation, plus de déploiement d’énergies renouvelables, etc. Cela peut aussi renforcer la voix des investisseurs dans les assemblées générales, pour pousser à des changements de gouvernance.

    1. Si je ne m’abuse, je crois que Bon Pote aborde explicitement cet argument souvent invoqué dans son enquête. Le chapitre 7 traite particulièrement de la question de l’impact des marchés secondaires sur le coût du capital. Je cite notamment le passage suivant page 16 :
      « un achat de 1 % des actions se traduit par une augmentation de 2,5 % de la capitalisation boursière, ce qui diminuerait le coût des fonds propres de l’entreprise de 0,05 % et finalement augmenterait le taux d’investissement de l’entreprise de 0,0075 %. »

  5. Merci pour cet article ! Sans le formaliser comme ça, j’étais arrivé aux mêmes conclusions. Ce que je me demande, c’est ce que vous pensez des plateformes de financement participatif, style lita.co ou j’ai entendu parler il y a peu de Satgana (pour le film de Paloma Moritz Cyril Dion). Ca a un vrai impact ça ? (je l’espère en tout cas)

  6. Bonjour,
    Je vous remercie pour cet article très intéressant, expliquant sans détour le fonctionnement de la finance durable. Travaillant dans ce domaine, et souhaitant changer “le système de l’intérieur”, je me rends compte que cela est impossible, tout du moins individuellement. Il est possible de modifier à la marge quelques actions, et encore uniquement quand cela est rentable. Le meilleur exemple étant la réduction des consommations énergétiques, qui se traduit directement en € en moins dépensés, ce qui permet d’être mis en place. Un autre exemple est la mise en place des énergies renouvelables, qui est réalisé de plus en plus dans le monde entier car c’est rentable, voire très rentable. Dès que l’on parle d’autres sujets, comme la biodiversité, avec aucune valeur monétaire directe, et aucune rentabilité, il est impossible de mettre en place des actions via la finance, ce sera uniquement politique et des choix au niveaux des collectivités.

    La croissance verte est une illusion, une fable, la finance verte également. Je ne vois que deux possibilités pour arranger cette situation :
    1 – La finance ayant comme objectif principal le rendement financier, la finance verte ne pourra réellement exister que si l’investissement dans toute entreprise polluante ou non durable est taxé au point d’être moins rentable qu’une action concrète d’amélioration de la vie des êtres vivants. En appliquant concrètement, et non seulement symboliquement, le principe pollueur payeur => exemple Coca payerait le coût total de dépollution de ses bouteilles en plastiques, et le coût en soins de toutes les personnes avec des cous de santé en buvant. Avec ce principe, il serait impossible pour n’importe quel entreprise de vendre des produits mauvais pour la santé et l’environnement.
    2 – Réduire la financiarisation, purement et simplement, en Dé-financiariser un maximum d’activités pour enlever ce principe de rendement financier court-termiste, étant à l’opposé des besoins de vision de long terme d’amélioration des conditions des êtres vivants et de la réduction des pollutions diverses.

    On ne change pas un système sans changer les règles du jeu. Malheureusement, les règles du jeu étant les lois (dans un état de droit en tout cas, car les règles peuvent être encore différents comme aux États-Unis de Trump, et de plus en plus en France), comme décrit dans cet article, sont récemment de plus en plus modifiés pour s’adapter à ce qui se pratique déjà : le gain financier à court terme.

    Le particulier n’aura jamais le temps, les moyens et l’impact de faire du lobby et de modifier des lois. Uniquement des groupements et organisations le peuvent. Celles-ci peuvent être composés de particuliers, bénévoles, mais les plus puissantes sont bien évidemment celles payés par les entreprises en ayant des personnes à temps complets et une armée de consultants et un réseau immense de pouvoir.

    Je crois malheureusement de plus en plus que notre système actuel continuera sa spirale infernale, jusqu’à que la vie devienne impossible pour la majorité de la population, ou que des chocs symboliques forts arrivent et mobilisent un nombre de personnes suffisantes pour faire pression sur les entreprises, institutions et autres.
    L’avenir nous le dira.

    Merci encore pour votre article de qualité,

  7. “Des marchands de canons durables” -> Un peu hors-sujet, non ? D’autant que Trump et Poutine nous rappellent régulièrement que seule la loi du plus fort importe vraiment. De mon point de vue :
    1) Le secteur de la défense est indispensable. “Do No Significant Harm” est tout à fait compatible avec le fait de maintenir une armée forte, tant que celle-ci à réellement un rôle de defense et de dissuasion. A quoi bon essayer de développer une économie durable en Europe si c’est pour se faire vassaliser par la Russie 5 ans après…
    2) D’un point du vue impact climatique, ça ne peut pas faire de mal d’utiliser moins de CO2 pour produire les chars (dont on aura peut-être besoin pour se défendre un jour, de façon active ou simplement dissuasive).

    1. Comment l’Europe pourrait-elle se faire vassaliser par la Russie ? Ou tout autre pays ? Vous imaginez les soldats russes prendre le contrôle de chaque pays d’Europe et forcer les populations à se soumettre ? C’est un scénario impossible, contrairement à ce qui attend le monde entier si on continue à dépasser les limites planétaires.
      Avoir une armée forte ne conduira qu’à une seule issue = la guerre.

  8. Merci d’avoir expliqué les détails de manière si complète de l’absurdité de placer son argent dans des fonds dits durables. J’avoue ne pas avoir tout lu, mais j’ai plus que survolé. C’est particulièrement décapant.
    C’est, à mes yeux hypercompliqué, et en même temps, sans doute passionnant pour des gens attirés par la finance et en même temps prêts à ne pas faire une croix sur les valeurs éthiques et écologiques.
    Je pense que si j’étais encore attirée par le profit de mon épargne, j’aurais adoré lire et comprendre tous ces détails. Mais mon épargne est à présent ailleurs.
    J’ai dans l’idée que l’important est moins le fait que les lecteurs de Bon Pote vont lire l’article, mais bien plus celui que les banquiers et autorités ne pourront pas faire comme s’il n’existait pas. Et je salue tout le travail que cela a dû représenter, car c’est extrêmement chargé de contenu.

    De mon point de vue, si l’on veut penser vert et éthique, il faut donc sortir l’argent de nos banques (je parle de l’épargne et surtout de l’investissement). Mais pour le faire correctement, il faut aussi comprendre les enjeux dans notre manière de concevoir la finance, l’éthique, la durabilité.
    Avoir de l’argent de côté est un privilège. Le garder dans une chaussette est plutôt égoïste (et pas malin en cas de vol ou d’incendie). Le placer à haut rendement est immoral. Par contre, le partager sans vraiment le donner me paraît plus juste. Cela permet d’un côté de s’assurer une poire pour la soif, et de l’autre d’aider autrui qui est dans le besoin. Et très souvent, éthique et écologie vont de pair. Il faut pour cela refuser le rendement.
    Aucune banque ne proposera jamais cela.
    Dès lors, comment partager son argent de cette manière? Pour ma part j’ai choisi de le placer dans des coopératives qui gèrent des micro crédits pour des personnes dans le besoin. Ceux qui sont le plus dans le besoin vivent en général dans les pays du sud, sans qu’il y ait de réel rendement (dividende peut-être, mais qui doit rester bien en deçà du taux d’inflation). Des millions de gens bénéficient directement ou indirectement (membres de la famille) de ces microcrédits, ce n’est donc pas du détail.
    En Belgique (d’où je vous écris), seules deux coopératives proposent cela, avec un très haut degré de durabilité et d’éthique. Mais une grande partie de leurs actions est utilisée aussi pour le commerce équitable qui consiste à tirer les gens de la misère, mais dans le but de faire profiter nos pays avec le produit de leur culture ou de leur pêche. Cela équivaut à une forme de néocolonialisme (« La manière de penser qui a généré un problème ne pourra jamais le résoudre » Einstein). On continue à puiser les biens du sud pour le nord comme avant, mais on le fait en rendant la dignité à ceux qui participent à ce commerce. C’est moins pire, mais cela ne résout pas l’équation.
    Existe-t-il en France des coopératives fonctionnant uniquement avec du micro crédit, dans les pays du sud, qui soit 100% vertes? Et si pas en France, y en a-t-il ailleurs dans le monde, pour lesquels on peut investir sans être résident du pays?

    Nous vivons dans une culture (occidentale – capitaliste) où le profit fait la loi, et où la recherche de privilèges en est la morale. Tant que nous ne comprendrons pas que nous délester de nos privilèges et regarder ailleurs que notre nombril est la condition sine qua non pour que la vie sur Terre se perpétue, nous continuerons à foncer dans le mur. “Nous” c’est chaque petit investisseur. Les fonds de pension, durable, de greenwashing, sont remplis de “notre” argent.

    Notre culture (du profit et des privilèges) consiste à jouer à celui qui sera le plus “con”. Si nous avons la conscience que le mur est proche, il est grand temps de nous rendre compte que la seule voie possible c’est de retirer nos pions du jeu : nous délester de nos privilèges, partager, fuir la finance et les banques qui la représentent et toute ce que contient cette culture. Car, si nous comprenons ce à quoi nous jouons, alors gagner à ce jeu, et monter sur la plus haute marche du podium, est le but le plus idiot qui soit.

  9. Je comprends qu’il faut dénoncer les abus, mais l’honnêteté intellectuelle oblige aussi à reconnaître les efforts qui sont entrepris en termes de finance durable. La finance durable a un impact, elle pousse les organisations à faire un bilan carbone (pour avoir des taux plus avantageux), à définir une trajectoire (pour obtenir des labels), à tester des normes et des labels (et en éprouver les limites comme vous le soulignez). Il y a des normes comme l’article 8 européen qui obligent à des efforts conséquents.
    J’apprécie beaucoup le travail d’information de BON POTE, mais je vous encourage aussi à souligner ce qui se fait de bien et pas seulement à condamner. Le monde n’est pas constitué que de voyous, il y a énormément d’acteurs qui se mobilisent pour faire mieux.

    1. Bonjour, avez-vous lu le chapitre sur les labels, les normes, la CSRD etc. ? Le document faisant 40 pages, j’imagine que pas encore, mais cela devrait répondre à vos remarques !

      1. Je ne sais pas de quel document vous parlez Thomas, je viens de relire sur bon pote celui qui se conclut par “Le mythe de l’entreprise à la fois lucrative et vertueuse écologiquement a fait long feu.” et je trouve dommage d’enterrer aussi vite l’idée que l’économie puisse être vertueuse. Pour deux raisons : la première, c’est que l’économie gouverne le monde et qu’il vaut mieux la changer de l’intérieur ; la deuxième c’est que ceux qu’il y a besoin de convaincre pour sauver la planète, ce ne sont pas les militants les plus radicaux mais bien les acteurs de l’économie et ceux là ne seront jamais touchés par une proposition aussi radicale.

  10. Il est bien certain qu’à partir du moment au l’argent et ses circuits ne permettent pas d’adresser des projets vitaux, c’est qu’on a un problème avec le système financier.
    C’est un conditionnement profond qui nous touche tous car que nous le voulions ou non, nous sommes amenés à en faire partie.
    Je vous propose un test que je réalise sur les journaux télévisés pour vous aider à en prendre conscience : c’est de compter le nombre de sujets qui ne parle pas d’argent, de coût, d’économie ou de gain à réaliser, etc… c’est édifiant.
    Et je ne parle que des old schools, les plus jeunes ne percutent même pas quand leur influenceur s’interrompt pour leur fourguer un produit qui lui permet de vivre.
    Le vrai sujet, c’est de savoir comment nous reprogrammer pour identifier et partager d’autres mesures afin de partager d’autres valeurs.
    Ce n’est pas si compliqué : il faut juste arriver à faire abstraction de toute avarice et s’interroger proprement sur “ce qui compte vraiment” !

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Auteur
Julien Lefournier
Julien Lefournier est un ancien des marchés de capitaux, co-auteur avec Alain Grandjean de “L’illusion de la finance verte” et expert indépendant associé à l’Institut Veblen et à la chaire Energie et Prospérité

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18 Responses

  1. Je n’ai pas encore lu le document, mais je viens de l’imprimer pour le lire rapidement et juste la prochaine fois éviter la première page toute noire, j’ai mal à ma cartouche d’encre 😀

  2. Merci pour votre travail !

    La question qui me vient à l’esprit suite à la lecture de cet article : est-il possible de placer son argent dans le but d’au moins le préserver de l’inflation, sans que cela soit délétère d’un point de vue social et environnemental ?

  3. Merci pour ce partage qui ne me surprend absolument pas. J’ai été conseillé en placements financiers durant 17 ans et je me souviens des premiers fonds “éthiques” (je ne sais plus exactement quel était le nom). Quand j’ai vu la composition, j’ai compris … on prend les moins mauvais dans la Pharma, la finance, etc. Que des multinationales qui il y a 20 ans faisaient probablement encore moins attention que maintenant (ça reste à prouver).
    Pourquoi est-ce compliqué à faire: c’est que la majorité des entreprises qui mériteraient d’apparaitre dans ce genre de fonds commun de placements sont assez petites, avec des capitalisations trop petites par rapport aux quantités d’argent qui pourraient aller dans leur direction. Je me souviens d’une société appelée “Waste Management” précurseur dans son domaine. Tout le monde la voulait dans son fonds et le cours de l’action était devenu exorbitant, sans aucun rapport avec la réalité.
    Enormément d’investisseurs aimeraient que leur argent soient investis d’une manière qui a du sens mais peu nombreuses sont les offres: Keenest, goodvest, etc.
    Mais pour qqn qui ne connait pas grand chose à la finance, ce n’est pas si simple de choisir. L’intérêt du fonds communs de placements est la diversification et qu’il y ait un suivi pour arbitrer si nécessaire et là, les solutions, je les attends. Si vous avez des idées, je suis preneur.

  4. Il est intéressant de dénoncer les dérives des établissements qui prétendent que l’argent investi dans des fonds verts peut être quantifié en termes d’économie d’émissions de GES, ce qui est faux.

    Mais surtout, continuons à investir dans les fonds verts ! C’est un rouage essentiel de la transition écologique, certes bien sur moins impactant que celui de la responsabilité de nos Etats, mais c’est un signal fort émis sur le marché financier pour aiguiller les investissements vers des fonds verts.

    Il ne s’agit pas d’une démarche conséquentialiste ( = ma somme d’argent investie a directement permis de réduire les GES émis) mais déontologique ( = plus un maximum d’individus investissent dans des fonds verts, plus les actifs verts fleurissent).

    En effet, si une majorité d’investisseurs oriente son épargne vers des actifs verts, la demande pour ces actifs augmente, ce qui fait monter leur prix.Cette hausse de prix rend les entreprises durables plus attractives pour lever des fonds à l’avenir (via émissions d’actions ou d’obligations), réduisant leur coût du capital.
    À l’inverse, les entreprises polluantes voient leur coût du capital augmenter, ce qui peut freiner leurs investissements dans des activités polluantes.

    En outre, une entreprise qui voit ses coûts de financement augmenter pour ses activités fossiles aura un intérêt économique à se diversifier vers des activités plus durables.
    Cela peut aussi influencer la stratégie des entreprises, notamment sous la pression des investisseurs activistes et des critères ESG.

    Bref, en orientant massivement l’épargne vers des fonds durables, on crée un cercle vertueux : plus de capitaux disponibles pour les projets verts, plus d’innovation, plus de déploiement d’énergies renouvelables, etc. Cela peut aussi renforcer la voix des investisseurs dans les assemblées générales, pour pousser à des changements de gouvernance.

    1. Si je ne m’abuse, je crois que Bon Pote aborde explicitement cet argument souvent invoqué dans son enquête. Le chapitre 7 traite particulièrement de la question de l’impact des marchés secondaires sur le coût du capital. Je cite notamment le passage suivant page 16 :
      « un achat de 1 % des actions se traduit par une augmentation de 2,5 % de la capitalisation boursière, ce qui diminuerait le coût des fonds propres de l’entreprise de 0,05 % et finalement augmenterait le taux d’investissement de l’entreprise de 0,0075 %. »

  5. Merci pour cet article ! Sans le formaliser comme ça, j’étais arrivé aux mêmes conclusions. Ce que je me demande, c’est ce que vous pensez des plateformes de financement participatif, style lita.co ou j’ai entendu parler il y a peu de Satgana (pour le film de Paloma Moritz Cyril Dion). Ca a un vrai impact ça ? (je l’espère en tout cas)

  6. Bonjour,
    Je vous remercie pour cet article très intéressant, expliquant sans détour le fonctionnement de la finance durable. Travaillant dans ce domaine, et souhaitant changer “le système de l’intérieur”, je me rends compte que cela est impossible, tout du moins individuellement. Il est possible de modifier à la marge quelques actions, et encore uniquement quand cela est rentable. Le meilleur exemple étant la réduction des consommations énergétiques, qui se traduit directement en € en moins dépensés, ce qui permet d’être mis en place. Un autre exemple est la mise en place des énergies renouvelables, qui est réalisé de plus en plus dans le monde entier car c’est rentable, voire très rentable. Dès que l’on parle d’autres sujets, comme la biodiversité, avec aucune valeur monétaire directe, et aucune rentabilité, il est impossible de mettre en place des actions via la finance, ce sera uniquement politique et des choix au niveaux des collectivités.

    La croissance verte est une illusion, une fable, la finance verte également. Je ne vois que deux possibilités pour arranger cette situation :
    1 – La finance ayant comme objectif principal le rendement financier, la finance verte ne pourra réellement exister que si l’investissement dans toute entreprise polluante ou non durable est taxé au point d’être moins rentable qu’une action concrète d’amélioration de la vie des êtres vivants. En appliquant concrètement, et non seulement symboliquement, le principe pollueur payeur => exemple Coca payerait le coût total de dépollution de ses bouteilles en plastiques, et le coût en soins de toutes les personnes avec des cous de santé en buvant. Avec ce principe, il serait impossible pour n’importe quel entreprise de vendre des produits mauvais pour la santé et l’environnement.
    2 – Réduire la financiarisation, purement et simplement, en Dé-financiariser un maximum d’activités pour enlever ce principe de rendement financier court-termiste, étant à l’opposé des besoins de vision de long terme d’amélioration des conditions des êtres vivants et de la réduction des pollutions diverses.

    On ne change pas un système sans changer les règles du jeu. Malheureusement, les règles du jeu étant les lois (dans un état de droit en tout cas, car les règles peuvent être encore différents comme aux États-Unis de Trump, et de plus en plus en France), comme décrit dans cet article, sont récemment de plus en plus modifiés pour s’adapter à ce qui se pratique déjà : le gain financier à court terme.

    Le particulier n’aura jamais le temps, les moyens et l’impact de faire du lobby et de modifier des lois. Uniquement des groupements et organisations le peuvent. Celles-ci peuvent être composés de particuliers, bénévoles, mais les plus puissantes sont bien évidemment celles payés par les entreprises en ayant des personnes à temps complets et une armée de consultants et un réseau immense de pouvoir.

    Je crois malheureusement de plus en plus que notre système actuel continuera sa spirale infernale, jusqu’à que la vie devienne impossible pour la majorité de la population, ou que des chocs symboliques forts arrivent et mobilisent un nombre de personnes suffisantes pour faire pression sur les entreprises, institutions et autres.
    L’avenir nous le dira.

    Merci encore pour votre article de qualité,

  7. “Des marchands de canons durables” -> Un peu hors-sujet, non ? D’autant que Trump et Poutine nous rappellent régulièrement que seule la loi du plus fort importe vraiment. De mon point de vue :
    1) Le secteur de la défense est indispensable. “Do No Significant Harm” est tout à fait compatible avec le fait de maintenir une armée forte, tant que celle-ci à réellement un rôle de defense et de dissuasion. A quoi bon essayer de développer une économie durable en Europe si c’est pour se faire vassaliser par la Russie 5 ans après…
    2) D’un point du vue impact climatique, ça ne peut pas faire de mal d’utiliser moins de CO2 pour produire les chars (dont on aura peut-être besoin pour se défendre un jour, de façon active ou simplement dissuasive).

    1. Comment l’Europe pourrait-elle se faire vassaliser par la Russie ? Ou tout autre pays ? Vous imaginez les soldats russes prendre le contrôle de chaque pays d’Europe et forcer les populations à se soumettre ? C’est un scénario impossible, contrairement à ce qui attend le monde entier si on continue à dépasser les limites planétaires.
      Avoir une armée forte ne conduira qu’à une seule issue = la guerre.

  8. Merci d’avoir expliqué les détails de manière si complète de l’absurdité de placer son argent dans des fonds dits durables. J’avoue ne pas avoir tout lu, mais j’ai plus que survolé. C’est particulièrement décapant.
    C’est, à mes yeux hypercompliqué, et en même temps, sans doute passionnant pour des gens attirés par la finance et en même temps prêts à ne pas faire une croix sur les valeurs éthiques et écologiques.
    Je pense que si j’étais encore attirée par le profit de mon épargne, j’aurais adoré lire et comprendre tous ces détails. Mais mon épargne est à présent ailleurs.
    J’ai dans l’idée que l’important est moins le fait que les lecteurs de Bon Pote vont lire l’article, mais bien plus celui que les banquiers et autorités ne pourront pas faire comme s’il n’existait pas. Et je salue tout le travail que cela a dû représenter, car c’est extrêmement chargé de contenu.

    De mon point de vue, si l’on veut penser vert et éthique, il faut donc sortir l’argent de nos banques (je parle de l’épargne et surtout de l’investissement). Mais pour le faire correctement, il faut aussi comprendre les enjeux dans notre manière de concevoir la finance, l’éthique, la durabilité.
    Avoir de l’argent de côté est un privilège. Le garder dans une chaussette est plutôt égoïste (et pas malin en cas de vol ou d’incendie). Le placer à haut rendement est immoral. Par contre, le partager sans vraiment le donner me paraît plus juste. Cela permet d’un côté de s’assurer une poire pour la soif, et de l’autre d’aider autrui qui est dans le besoin. Et très souvent, éthique et écologie vont de pair. Il faut pour cela refuser le rendement.
    Aucune banque ne proposera jamais cela.
    Dès lors, comment partager son argent de cette manière? Pour ma part j’ai choisi de le placer dans des coopératives qui gèrent des micro crédits pour des personnes dans le besoin. Ceux qui sont le plus dans le besoin vivent en général dans les pays du sud, sans qu’il y ait de réel rendement (dividende peut-être, mais qui doit rester bien en deçà du taux d’inflation). Des millions de gens bénéficient directement ou indirectement (membres de la famille) de ces microcrédits, ce n’est donc pas du détail.
    En Belgique (d’où je vous écris), seules deux coopératives proposent cela, avec un très haut degré de durabilité et d’éthique. Mais une grande partie de leurs actions est utilisée aussi pour le commerce équitable qui consiste à tirer les gens de la misère, mais dans le but de faire profiter nos pays avec le produit de leur culture ou de leur pêche. Cela équivaut à une forme de néocolonialisme (« La manière de penser qui a généré un problème ne pourra jamais le résoudre » Einstein). On continue à puiser les biens du sud pour le nord comme avant, mais on le fait en rendant la dignité à ceux qui participent à ce commerce. C’est moins pire, mais cela ne résout pas l’équation.
    Existe-t-il en France des coopératives fonctionnant uniquement avec du micro crédit, dans les pays du sud, qui soit 100% vertes? Et si pas en France, y en a-t-il ailleurs dans le monde, pour lesquels on peut investir sans être résident du pays?

    Nous vivons dans une culture (occidentale – capitaliste) où le profit fait la loi, et où la recherche de privilèges en est la morale. Tant que nous ne comprendrons pas que nous délester de nos privilèges et regarder ailleurs que notre nombril est la condition sine qua non pour que la vie sur Terre se perpétue, nous continuerons à foncer dans le mur. “Nous” c’est chaque petit investisseur. Les fonds de pension, durable, de greenwashing, sont remplis de “notre” argent.

    Notre culture (du profit et des privilèges) consiste à jouer à celui qui sera le plus “con”. Si nous avons la conscience que le mur est proche, il est grand temps de nous rendre compte que la seule voie possible c’est de retirer nos pions du jeu : nous délester de nos privilèges, partager, fuir la finance et les banques qui la représentent et toute ce que contient cette culture. Car, si nous comprenons ce à quoi nous jouons, alors gagner à ce jeu, et monter sur la plus haute marche du podium, est le but le plus idiot qui soit.

  9. Je comprends qu’il faut dénoncer les abus, mais l’honnêteté intellectuelle oblige aussi à reconnaître les efforts qui sont entrepris en termes de finance durable. La finance durable a un impact, elle pousse les organisations à faire un bilan carbone (pour avoir des taux plus avantageux), à définir une trajectoire (pour obtenir des labels), à tester des normes et des labels (et en éprouver les limites comme vous le soulignez). Il y a des normes comme l’article 8 européen qui obligent à des efforts conséquents.
    J’apprécie beaucoup le travail d’information de BON POTE, mais je vous encourage aussi à souligner ce qui se fait de bien et pas seulement à condamner. Le monde n’est pas constitué que de voyous, il y a énormément d’acteurs qui se mobilisent pour faire mieux.

    1. Bonjour, avez-vous lu le chapitre sur les labels, les normes, la CSRD etc. ? Le document faisant 40 pages, j’imagine que pas encore, mais cela devrait répondre à vos remarques !

      1. Je ne sais pas de quel document vous parlez Thomas, je viens de relire sur bon pote celui qui se conclut par “Le mythe de l’entreprise à la fois lucrative et vertueuse écologiquement a fait long feu.” et je trouve dommage d’enterrer aussi vite l’idée que l’économie puisse être vertueuse. Pour deux raisons : la première, c’est que l’économie gouverne le monde et qu’il vaut mieux la changer de l’intérieur ; la deuxième c’est que ceux qu’il y a besoin de convaincre pour sauver la planète, ce ne sont pas les militants les plus radicaux mais bien les acteurs de l’économie et ceux là ne seront jamais touchés par une proposition aussi radicale.

  10. Il est bien certain qu’à partir du moment au l’argent et ses circuits ne permettent pas d’adresser des projets vitaux, c’est qu’on a un problème avec le système financier.
    C’est un conditionnement profond qui nous touche tous car que nous le voulions ou non, nous sommes amenés à en faire partie.
    Je vous propose un test que je réalise sur les journaux télévisés pour vous aider à en prendre conscience : c’est de compter le nombre de sujets qui ne parle pas d’argent, de coût, d’économie ou de gain à réaliser, etc… c’est édifiant.
    Et je ne parle que des old schools, les plus jeunes ne percutent même pas quand leur influenceur s’interrompt pour leur fourguer un produit qui lui permet de vivre.
    Le vrai sujet, c’est de savoir comment nous reprogrammer pour identifier et partager d’autres mesures afin de partager d’autres valeurs.
    Ce n’est pas si compliqué : il faut juste arriver à faire abstraction de toute avarice et s’interroger proprement sur “ce qui compte vraiment” !

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